Schuler, Die Linth-Thäler

Le Suisse Johann Melchior Schuler publie en 1814 cette description des vallées de la Linth, rivière traversant les cantons helvétiques de Glaris, Saint-Gall et Schwytz pour se jeter dans le lac de Zurich. L'ouvrage mêle géographie physique et humaine, considérations historiques et statistiques.

Schuler cite fréquemment en notes des textes étrangers en vers. C'est le cas de L'Homme des champs, plusieurs fois mis à contribution. Mais curieusement, alors que la plupart des extraits du poème de Delille proviennent du chant 31, l'écrivain suisse donne systématiquement pour source de ces vers le chant 2.

La première mention du chant 3 intervient au début de l'ouvrage, lorsque les vers de Delille vantant les vues contrastées offertes par les paysages alpins viennent faire écho aux propos de l'auteur.

Aus einem Fenster sieht man in Mollis: Trauben, Feigen, Orangen, den schönsten, zartesten Blumenschmuck, und die Erstarrung der Natur zu ewigen Tode auf dem Eisscheitel des Glärnisch2 (15).

(15) Le nature [sic], tantôt riante en tous ses traits
De verdure et de fleurs ègayant [sic] ses attraits ;
Tantót mâle, âpre et forte, et dédaignant les grâces,
Fiére [sic], et du vieux chaos gardant encor les traces.
Ici de frais vallons, une terre féconde ;
Là des rocs décharnés, vieux ossemens du monde ;
A leur pied le printemps, sur leur front les hivers !
          Delille, l'homme des champs Ch. II, 122 [sic].
“Die Natur, bald mit lachender Miene, mit Grün und Blumen reißend geschmückt ; bald männlich, rauß und stark, Anmuth verschmähend, stolz und noch Denkmale des alten Chaos erhaltend – – Hier kühle Thäler, ein fruchtbarer Boden ; da nackte Felsen, alte Knochen der Welt ; zu ihren Füßen der Frühling ; auf der Stirne der Winter3”.

Vers concernés : chant 3, vers 329-332 et 339-341.

Schuler cite deux pages plus loin, à nouveau en note, avec une traduction en prose et la mention erronée du “ch. II”, un alexandrin tiré de la même source, “La [sic] le temps a tracé les annales du monde4”.

Vers concerné : chant 3, vers 315.

Un peu plus loin, Schuler étaye un propos sur la grande ancienneté des reliefs en citant en note l'alexandrin “Des siècles autour d’eux ont passé comme une heure5”.

Vers concerné : chant 3, vers 311.

Enfin, plus tard, une note citant Thomson est suivie d'un dernier extrait puisé dans le même passage :

Non, jamais, au milieu de ces grands phénomènes,
De ces tableaux touchants, de ces terribles scènes,
L’imagination ne laisse dans ces lieux
Ou languir la pensée ou reposer les yeux6.

Vers concernés : chant 3, vers 351-354.


Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/08/05 18:53


1 Schuler en tire quatre extraits, contre un seul pour le chant 4 (voir Johann Melchior Schuler, Die Linth-Thäler, Zurich, Orell, Füßli und Comp. 1814, p. xv) et trois pour le chant 2 (id. , p. 142, 213 et 233).
2 “D'une fenêtre on peut voir à Mollis : des raisins, des figues, des oranges, les décorations florales les plus belles et les plus délicates, et la solidification de la nature jusqu'à la mort éternelle sur le sommet de la glace du Glärnisch” (nous traduisons).
3 Id., p. 24. – Le dernier paragraphe est une traduction libre des vers cités ; les deux tirets y signalent la coupe faite dans le passage.
4 Id., p. 46.
5 Id., p. 58.
6 Id., p. 89.