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Helen Maria Williams

Poète, romancière et essayiste britannique favorable à la Révolution et professant des idées proches de celles adoptées par les Girondins, puis par le cercle de la Décade philosophique, Helen Maria Williams (1751-1827) passa à Paris la majeure partie de la révolution et de l'Empire et rendit compte dans plusieurs ouvrages de ses observations, tout en s'imposant comme une traductrice reconnue (elle signa notamment la traduction anglaise de Paul et Virginie) et une salonnière importante, accueillant souvent les visiteurs britanniques de marque.

Ses positions envers Delille varièrent fortement au fil de cette période. Dans les premiers temps de la Révolution, elle salua avec enthousiasme les récitations que donnait Delille, “first French poet”, et ses “harmonious verses1”. Après avoir dû prendre le chemin de l'exil au fort des troubles (elle fut emprisonnée sous la Terreur), elle revint à Paris sous le Consulat et y tint de nouveau un salon, fréquenté notamment par Chamfort et Jean-Baptiste Say, qui fut l’un de ses traducteurs. Mais elle attaqua alors vivement l'attitude de Delille, qui se refusait pour sa part de rentrer en France malgré les sollicitations pressantes de l'Institut, choix qu'elle jugea en 1801 “dédaigneux2”. Par la suite, ses fortes relations avec Napoléon se firent plus tendues, même si elle put rester à Paris jusqu'en 1819.

La citation de L'Homme des champs qui apparaît dès 1798 dans un de ses ouvrages ne figure que dans la traduction française.

  • Fiche sur le catalogue de la BnF : lien.
  • Présentation sur Wikipedia (anglais) : lien.

Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/08/05 22:31
Relecture — Morgane Tironi 2022/08/05 19:25


1 Helen Maria Williams, Letters from France [1792], 3e éd., Londres, Robinson, 1796, vol. II, p. 132.
2 Helen Maria Williams, Aperçu de l'état des mœurs et des opinions dans la République française vers la fin du XVIIIe siècle […] traduit de l’anglais par Madame Grandchamp (Sketches of the state of manners and opinions in the French republic, towards the close of the eighteenth century (1801)), Paris, Levrault, 1801, t. I, p. 84.