“ Dichtkunde. De Veldeling” [II] (Algemeene konst- en letterbode)

La traduction de Brinkman, De Veldeling, ayant paru en deux livraisons, chacune d'elle a suscité une recension distincte dans l'Algemeene konst- en letterbode. Nous traitons ici du second compte rendu1. Publié en 1803, il est dû au journaliste anonyme qui avait déjà publié, en 1802, le premier article.

La seconde livraison de la traduction incluant la traduction du chant 3, ce dernier est cette fois discuté.

Le fait que la revue consacre un nouvel article au travail de Brinkman s'explique par l'enthousiasme du premier compte rendu, qui avait salué ce travail comme une importante contribution à la littérature hollandaise. Comme le critique le rappelle d'emblée à ses lecteurs, il avait alors conclu en souhaitant voir rapidement la suite paraître ; or, loin de le décevoir, cette livraison dépasse ses attentes :

Even gretig, als de Recensent de overgieting van den eersten en tweeden Zang dezes werks in handen nam, en daar van verslag deed […], even zeer verlangde hy naar de voordzetting dier zoo moeilyke taak, in de hope, dat ook het vervolg niet minder bevredigend mogt wezen: en in de daad, vindt hy zich in waarheid verplicht te erkennen, dat de Dichteresse, Brinkman, niet alleen, op nieuw, gelukkig is geslaagd in hare onderneming; maar zelfs, dat de laatste arbeid, zoo mogelyk, den voorigen nog heeft overtroffen2.

Ce sentiment de prouesse résulte en particulier du caractère distinct du chant 3. Là où le début du poème conduisait encore Brinkman vers un terrain connu en poésie, cette section, frayant une voie nouvelle, multipliait les difficultés pour la traductrice :

De eerste en tweede Zang schetste de heerlykste land-toneelen, met all' den arbeid, dien 's menschen hand oefent, om zich de gantsche natuur dienstbaar te maken. In zoo verbleef de schildery meer bepaald tot den gewoonen kring der menschlyke waarnemingen. De verbeelding leende aan de Overzetster gaarn hare hulp, om zich van het onderwerp volkomen meester te maken ; zy vond alzoo de beste klanken, om de denkbeelden des oorspronglyken Dichters, met gelyke kortheid, kracht en waarde, uittedrukken. Maar, in den derden Zang, ontvangt alles eene nieuwe gedaante, waar aan zich, voor zoo ver wy weten, nog nooit eenig Dichter gewaagd heeft. Hier vindt men, als het ware, eene geschiedenis der natuur, leverende een ryk gestoffeerd kabinet van natuurlyke voordbrengselen, en ook van zeldzaamheden, uit de onderscheiden zoorten en gewesten byeen verzameld, zoo als zich de ware beminnaar van het land, en deszelfs echte bebouwer, ter beschavinge zyner kennisse, en tot zyn wezenlyk nut, zoude kunnen aanschaffen. Hier vindt men delfstoffen, planten, dieren, menschen, konsten, wetenschappen, met hare namen genoemd, in hare karakters beschreven en tot het genot des lands overgebragt. Deze allen moet de Bataafsche Dichteres, zal zy getrouw zyn, in hare land-taal uitdrukken, en, by de kieschheid van het vaers, nog eene behoefte aanvullen, waar toe zich slechts zeer weinige Vertalers in onrym bekwaam vinden. 3.

Si le journaliste poursuit en notant que le chant 4, en tant qu'art poétique, constitue de la part de Delille une démonstration de brio non moins ardue à rendre, on comprend donc qu'il ne retienne, dans les exemples qui suivent, qu'un seul extrait tiré de cette dernière section, et privilégie des passages du chant 3.

Comme dans le premier compte rendu, le critique reproduit les vers originaux avant de donner à lire et commenter leur transposition en néerlandais. Il retient quatre passages du chant 3.

1. – Le passage sur la variété des paysages de montagne, débutant par “La nature, tantôt riante en tous ses traits”.

Vers concernés : chant 3, vers 329-350.

2. – Une partie des vers sur les avalanches.

Vers concernés : chant 3, vers 355-368.

3. – L'apostrophe aux insectes.

Vers concernés : chant 3, vers 534-538.

4. – Les premiers vers du catalogue entomologique.

Vers concernés : chant 3, vers 539-544.

Sans surprise, la conclusion de l'article est proche de celle du premier compte rendu. Le critique balaye la portée des petites réserves qu'il a émis en examinant les extraits et conseille vivement la lecture de l'œuvre de Brinkman.

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Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/06/23 18:33


1 Anonyme, “Dichtkunde. De Veldeling…” [II], Algemeene konst- en letterbode, n° 19, 6 mai 1803, p. 290-296.
2 “Autant le présent recenseur s'était empressé de se pencher sur la traduction des premier et deuxième chants de cette œuvre et d'en rendre compte, autant il se languissait d'accéder à la continuation de cette tâche si ardue, dans l'espoir que cette suite ne serait pas moins satisfaisante : et en fait il se trouve obligé de confesser que la poétesse, Brinkman, non contente de réussir sa nouvelle et heureuse entreprise, y a, autant que faire se pouvait, surpassé la précédente”, id, p. 290.
3 “Le premier et le deuxième chant dessinaient la plus magistrale poésie champêtre, avec tous les travaux que la main des hommes entreprennent pour rendre obéissante la nature entière. De cette manière le peintre restait avec plus de sûreté dans le cercle usuel des représentations humaines. L'imagination venait volontiers aider la traductrice à se rendre complètement maîtresse du sujet ; aussi trouvait-elle les meilleurs accents pour exprimer les idées du poète d'origine avec une concision, une force et un art comparables. Mais dans le troisième chant, tout reçoit une forme inédite, à laquelle, pour autant que nous le sachions, aucun poète ne s'était encore confronté. On y trouve, de fait, une histoire naturelle comportant un cabinet richement pourvu en produits de la nature et en raretés, collectés auprès d'espèces et de régions diverses, tel qu'un vrai amoureux du pays et même un vrai habitant des campagnes pourrait l'acquérir afin d'étendre ses connaissances et pour son usage immédiat. On y trouve des minéraux, des plantes, des animaux, des hommes, des arts, des sciences nommés par leur noms, décrits selon leurs caractères décrits et assemblés pour le plaisir de la contrée. Voilà tout ce que la poétesse batave a dû, pour rester fidèle, exprimer dans sa propre langue, et dans l'idiome choisi de la plume, sans aucune aide, ce à quoi très peu de traducteurs parviennent dans notre pays”, id, p. 290-291.