"Der Landmann, oder die französischen Georgiken…" (Wegweiser im Gebiete der Künste und Wissenschaften)

Cette recension anonyme de la traduction par Döring de L'Homme des champs paraît en mai 1823 dans un périodique de Dresde, le Wegweiser im Gebiete der Künste und Wissenschaften1.

Le journaliste commence par écarter toute référence à la traduction antérieure par Müller, qu'il ne mentionne pas. Il salue l'entreprise de publication du texte dans une collection classique, au motif que Delille mérite d'être relu et qu'il a illustré un genre que les écrivains allemands négligent désormais :

Wir errinern uns keiner früher vollständigen Übersetzung dieses in seiner Art sehr verdienstlichen Lehrgedichts, und sind daher um so mehr dem Übertrager für diese Arbeit verbunden, da sie gewiß das Andenken an den unter uns nicht genug beachteten Ausländer erneuen wird. Im Fache des Lehrgedicht, welches neuerdings von den Deutschen wenig oder gar nicht bearbeitet worden ist, verdient er gewiß eine ausgezeichnete Stelle, und nacht seinem Gedichte de la conversation, war es sein homme des champs, der ihm am meisten Beifall bie seiner Nation erwarb2.

Puis l'auteur de l'article consacre plusieurs lignes au choix de conserver en allemand l'alexandrin rimé. Il glose les justifications de Döring, puis il ajoute que ce choix imposait de surcroît d'alterner rimes féminines et masculines. Mais il loue le résultat :

Diese Bemerkung hindere jedoch nicht das Anerkennen der Sprachkenntniß, des Fleises, der Treue und der dichterischen Begeisterung, mit welchen diese Ueberstetzung gearbeitet ist. Sie ist den gleungensten beizuzählen, und giebt die Farben des Originals so treu wieder, daß sie sich selbst wie ein solches ließt3.

L'analyse se termine sur un exemple, destiné à montrer cette réussite. Le journaliste choisit le passage sur la mer, dont il reproduit intégralement la version allemande, en se contentant – signe qu'il estimait probablement ce passage “connu” familier de ses lecteurs – d'en donner le premier hémistiche en français : “Wir wählen die bekannte, und in der Übertragung so schwierige Anrede an das Meer, im dritten Gesänge : O mer, terrible mer u. s. w.4” C'est le seul extrait donné dans l'article.

Vers concernés : chant 3, vers 225.

En conclusion, le journaliste consacre quelques mots aux gravures. Le portrait de Delille lui sied, mais le second frontispice lui semble grossier : “die Baumperücken auf des Kupfer […] sind doch zu schrecklich5”.

  • Accès à la numérisation du texte : SLUB.

Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/06/19 17:58


1 Anonyme, “Der Landmann, oder die französischen Georgiken…”, Wegweiser im Gebiete der Künste und Wissenschaften, 17 mai 1823, p. 158-159.
2 “Nous n'avons pas souvenir d'une traduction antérieure complète de ce poème didactique, qui est à sa manière plein de mérites, et nous sommes donc d'autant plus reconnaissant à celui qui a entrepris ce travail qu' il renouvellera certainement le souvenir d'un étranger que nous ne prenons plus assez en considération. Dans le domaine de la poésie didactique, qui récemment a été peu ou pas du tout travaillé par les Allemands, il mérite certainement une place d'excellence, et après son poème de la conversation, c'est son homme des champs qui lui a valu les applaudissements les plus vifs de sa nation.”Id., p. 158.
3 “Cette remarque n'empêche cependant pas la reconnaissance de la maîtrise de la langue, de la diligence, de la fidélité et de l'enthousiasme poétique avec lesquels cette traduction est réalisée. Elle compte parmi les plus glorieuses et reproduit fidèlement les couleurs de l'original, au point de se lire elle-même ainsi.” Ibid.
4 “Nous choisissons l'adresse à la mer du troisième chant, si connue et si difficile à rendre : O mer, terrible mer etc.” Id., p. 159.
5 “Les perruques de l'arbre sur le cuivre sont après tout trop terribles”, ibid.