Paillon, “Mademoiselle d'Angeville” (Annuaire du Club alpin français)

Franco-suisse, Henriette d'Angeville (1794-1871) fut la première femme à gravir le Mont-Blanc sans aide, en 1838. En 1893, Mary Paillon lui consacre donc cette “notice biographique1”, publiée dans l'Annuaire du Club alpin français.

Au fil de son texte, Paillon s'attache à reconstituer l'évolution de la culture sportive et touristique liée au Mont-Blanc, dans les années précédant l'exploit de son héroïne, ce qui la conduit à remarquer :

Si nous en croyons Raoul Rochette, un des voyageurs de l'époque, le glacier des Bossons était devenu, en 1820, “le rendez-vous du beau monde de toute l'Europe, une espèce de Coblentz alpestre. Le chemin du Montanvert s'était amélioré de telle sorte qu'un petit-maître arrivé par la poste à Chamouny pouvait jetter sur la Mer de Glace un regard dédaigneux sans avoir dérangé sa toilette et sans avoir presque quitté Paris, son charmant tilbury, Tortoni et les Bouffons2 !” On le voit, ce n'était plus déjà celui que Delille appelait le “terrible Montanvert”, mais il était cependant encore le seul but des excursionnistes de Chamonix. Quant à l'ascension du Mont-Blanc, c'est à peine si on y songeait, et la catastrophe qui la même année arrêta l'ascension du docteur Hamel vint encore augmenter l'épouvante qu'inspirait la terrible montagne3.

Vers concernés : chant 3, vers 342.

  • Accès à la numérisation du texte : Gallica.

Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/06/17 11:52


1 Mary Paillon, “Mademoiselle d'Angeville, notice biographique”, Annuaire du Club alpin français, 1893, p. 401-434.
2 Paillon cite les Lettres sur la Suisse (1822) de Raoul-Rochette, mais ce n'est pas la source de sa citation de Delille, qui ne figure pas dans cet ouvrage.
3 Paillon, “Mademoiselle d'Angeville…”, p. 409.