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Pierre-Jean-Baptiste Chaussard

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Pierre-Jean-Baptiste Chaussard (1766-1823) est un avocat, homme politique, traducteur, critique d'art et écrivain.

Connu avant 1789 pour quelques poèmes, comme l'Ode sur le dévouement du duc de Brunswick (1787), il embrassa avec chaleur la Révolution, durant laquelle il prit le prénom de Publicola, et il assuma différentes fonctions publiques. Il fut ainsi envoyé en Belgique vers 1792 comme Commissaire du pouvoir exécutif, puis devint chef des bureaux du Comité de salut public à Paris. Après la chute de Robespierre, il fut nommé Secrétaire général de l'instruction publique, puis obtient des fonctions d'enseignement, d'abord comme professeur de collège à Rouen (1803) et Orléans (1804), ensuite comme professeur de poésie latine à Nîmes. Il sera écarté du pouvoir après la Restauration.

Il est l'auteur d'une œuvre prolifique, publiée au besoin sous différents pseudonymes. On peut notamment citer La France régénérée ; pièce épisodique en vers et à spectacle (1791), un Essai philosophique sur la dignité des arts (an VI), des Fragmens d'un poème sur les victoires nationales (1798), l'ode L'Industrie ou les arts (1798), Le Nouveau Diable boiteux, tableau philosophique et moral de Paris (an VII), un essai Sur le tableau des Sabines, par David (1800), l'Ode sur la fondation de la république française (1801), l'Épître sur quelques genres dont Boileau n'a point fait mention dans son Art poétique (1811), etc.

Les convictions républicaines de Chaussard ne sont sans doute pas étrangères à son peu de sympathie pour Delille, qu'il attaqua à plusieurs reprises. Si le poète est la cible explicite du volumineux Examen de l'homme des champs que Chaussard publia en 1800, c'est en effet sans doute encore Delille que le critique vise en 1817 dans son portrait d'Arcas, “bel esprit” qui “n'invente jamais [mais] toujours décrit”, et qui ne doit son succès qu'à ses accointances mondaines1.

  • Fiche sur la catalogue de la BNF : lien.
  • Présentation sur Wikipedia : lien.

Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/02/23 23:17

Chaussard publie dès 1800 un Examen de l'homme des champs qui attaque violemment la versification de Delille, et repose sur un inventaire chiffré de procédés, tournures et figures que ce lecteur assimile à des fautes de goût. Comme l'indique le sous-titre, Appel aux principes, ou Observations classiques et littéraires sur les Géorgiques françaises, Chaussard juge Delille comme un dangereux novateur qui menace l'esthétique établie. Le caractère mathématique de son analyse est lui-même une pique contre l'attention que Delille accorde aux sciences.

Voir l'article détaillé sur l'Examen de l'homme des champs.

Dans une épître de 18XX, republiée en 1817, Chaussard raillera de nouveau Delille et son succès en attribuant ce dernier à l'activité mondaine du poète et en particulier à ses lectures publiques.


Auteur de la page — Hugues Marchal 2017/02/08 01:48


1 Chaussard, Poétique secondaire, ou Essai didactique sur les genres dont il n'est point fait mention dans la poétique de Boileau, Paris, Égron, 1817, p.\ 7.