Bosson, Études agronomiques sur les Géorgiques de Virgile

La poésie antique a fréquemment attiré l'attention d'historiens des sciences, en quête de traces des états anciens du savoir. Telle est la démarche du pharmacien A. Bosson, qui publie en 1869 ces Études agronomiques sur les Géorgiques de Virgile1 Il s'en explique dans sa préface, après un long préambule teinté de providentialisme chrétien et célébrant l'agriculture comme un don de Dieu. Le poème de Virgile n'est en aucun cas un traité savant. Néanmoins :

Si, dans la réalité, les Géorgiques ne doivent être considérées que comme un monument élevé à l'agriculture, et non précisément comme un manuel à consulter par le cultivateur, on reconnaîtra, cependant, que parmi les nombreux préceptes disséminés dans ce poëme, beaucoup peuvent encore recevoir une application journalière, et que tous sont présentés avec la concision, la clarté et la force que Virgile puisait non-seulement dans la pureté de son langage harmonieux, mais encore dans une étude approfondie des sciences naturelles, telles qu'on les possédait alors2.

L'ouvrage mêle donc analyse littéraire et histoire des sciences et pratiques.

L'étude de Bosson suit l'ordre des livres des Géorgiques. Or chaque division s'ouvre sur des épigraphes, le plus souvent empruntées à un poète-agronome contemporain, Calemard de La Fayette, auteur d'un Poëme des champs – auquel Bosson adjoint toutefois, pour le chant 3 de Virgile, ces vers de L'Homme des champs3 :

Bien qu'il renvoie au seul chant 2, Bosson se livre à une réorganisation du texte d'origine, car les quatre premiers vers sont en réalité tiré du chant 3.

Vers concernés : chant 3, vers 467-470.

Accès à la numérisation du texte : Googlebooks.


Auteur de la page — Hugues Marchal 2019/06/29 20:46


1 A. Bosson, Études agronomiques sur les Géorgiques de Virgile, Paris, A. Lévy, 1869.
2 Id., p. XIV.
3 Id., p. 312.