Asseline, Victor Hugo intime

Cousin de l'épouse de Hugo, Alfred Asseline réunit dans ce volume différents textes issus des archives familiales, notamment une lettre du beau-père de Hugo, Pierre Foucher (1772-1845), dans laquelle ce dernier cite ironiquement Delille.

Dans cette lettre envoyée le 6 juin 1836 à sa sœur, Pierre Foucher évoque la conquête que le jeune Lizt vient de faire “d'une grande dame de notre faubourg” puis note :

Il la promène en ce moment dans le pays où, comme dit le classique Delille, on voit:

Ici de frais vallons, une terre féconde,
Là des rocs décharnés, vieux ossements du monde…

c'est à dire en Suisse1.


Vers concernés : chant 3, vers 339-340.

Tout en illustrant la capacité de nombreux membres de sa génération à citer spontanément des vers de Delille, Foucher intériorise les critiques dont fait l'objet ce “classique” : les deux alexandrins sont traités comme un logogriphe, une devinette qui doit être traduite par un “c'est-à-dire”. Le fait que l'extrait ne se rapporte en réalité nullement à la Suisse ni à aucun massif montagneux précis (Delille y parle aussi de volcans) est ignoré.

  • Accès à la numérisation du texte : Gallica.

Auteur de la page — Hugues Marchal 2018/08/19 10:44


1 Alfred Asseline, Victor Hugo intime : mémoires, correspondances, documents inédits, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1885, p. 79-80.