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L. J. M. Carpentier, Le Gradus français


Que j'aime le mortel, noble dans ses penchants,
Qui cultive à la fois son esprit et ses champs !
Lui seul jouit de tout. Dans sa triste ignorance,
Le vulgaire voit tout avec indifférence.
Des desseins du grand être atteignant la hauteur,
Il ne sait point monter de l'ouvrage à l'auteur ;
Mais ce n'est point pour lui qu'en ses tableaux si vastes,
Le grand être forma d'harmonieux contrastes ;
Il ne sait pas comment, dans ses secrets canaux,
De la racine au tronc, du tronc jusqu'aux rameaux,
Des rameaux au feuillage accourt la sève errante ;
Comment naît des cristaux la masse transparente.
      Delille, l'Homme des champs, ch. III.

L. J. M. Carpentier, Le Gradus français, ou Dictionnaire de la langue poétique, précédé d'un nouveau traité de la versification française et suivi d'un nouveau dictionnaire des rimes, Paris, Alexandre Johanneau, 1822, p. 51.

Vers concernés : chant 3, vers 1-12